Une promenade de santé

Olga et Christian Baudelot ont vécu une expérience unique qui les a conduit à écrire un ouvrage en forme de témoignage : « Une promenade de santé », publié chez Stock en 2008.

Lorsqu'il apprend que sa femme Olga est atteinte d'une maladie rénale héréditaire la condamnant à la dialyse à vie, Christian fait le choix de lui donner un de ses reins. La transplantation est un succès et Olga échappe ainsi au calvaire de la dialyse tout en préservant la qualité de vie des deux époux.

Leur ouvrage, écrit à 4 mains, est le récit d'une aventure humaine exceptionnelle où la technique médicale conjuguée à l'Amour entre un mari et sa femme parviennent à contredire un avenir assombri par la maladie.

Ils ont souhaité partager cette période de leur vie et ont remporté le premier prix « Paroles de Patients » en 2008.

histoire-de-notre-greffe.jpgÊtre à la hauteur de l'acte et informer le grand public

Leur parcours d'écriture est original en ce sens qu'il s'est fait en parallèle avec leur prise en charge médicale. « Il s'agit d'un récit, pas d'un roman » prévient d'emblée Olga Baudelot, « j'ai commencé à écrire lorsque ma maladie s'est aggravée et que j'ai débuté le suivi avec un Néphrologue » se souvient-elle, « je prenais des notes détaillées sur ce qui m'arrivait. Je ne me souviens plus vraiment pourquoi j'ai commencé à écrire, mais je me souviens que ça m'aidait beaucoup pour faire face au quotidien. J'ai commencé en écrivant à la 1ère personne, puis j'ai pris du recul et je me suis mise à écrire à la 3ème personne ».

Olga a ensuite fait part de sa démarche à son mari, sociologue de métier, qui a commencé à réfléchir de son côté sur la question du don d'organe. « Le don d'organe est un don de Vie résume Christian Baudelot, et compte-tenu de la chance que nous avions de pouvoir effectuer cette transplantation, j'ai pensé qu'il fallait être à la hauteur de l'acte et informer sur le don et la greffe d'organe qui sont trop méconnus du grand public ». Leur ouvrage est donc un témoignage de leur vécu.

Pour lui, l'écriture d'un livre n'est pas une chose nouvelle car il publie régulièrement des travaux de Sociologie. Ceci dit, écrire un témoignage est un exercice nouveau et les choses ne vont pas de soi. « Avant la greffe, Christian ne parvenait pas à écrire, car il avait du mal à s'impliquer personnellement et à sortir du style universitaire. Mais une consultation pré-greffe a servi de déclencheur. Il a vécu les choses intensément, s'est approprié le projet et a surmonté cette épreuve littéraire » confie Olga Baudelot.

Un feed back du ressenti des patients

L'ouvrage, réalisé sans plan préalable, s’appuie sur une alternance de chapitres écrits tantôt par l'un, tantôt par l'autre. Le lecteur accompagne les auteurs à travers leur « Promenade de santé », depuis l'annonce de la possibilité d'une greffe jusqu'à la convalescence. Soucieux de raconter leur propre histoire, chacun a écrit les parties le concernant. Puis est venue l'heure de la mise en commun. « Le premier essai n'était pas concluant et nous avons revu notre copie poursuit Christian Baudelot, nous avons donc réorganisé la trame puis présenté le manuscrit à des proches qui ont avalisé la démarche ».

Au final, la réflexion a duré 18 mois et l'ouvrage a été écrit en 1 mois et demi. « Même si, en tant qu'auteur, on n'est jamais satisfait d'un livre, nous étions prêts pour écrire celui-ci et nous avons réussi à tenir notre pari : publier un récit proche de la réalité et de ce que nous avons vécu ». Une « Promenade de santé » est aussi un témoignage à  destination des soignants et du personnel médical, une forme d'hommage aux équipes qui les ont pris en charge pendant leur parcours.

« Notre premier public est médical. Le livre est recommandé en école d'infirmière car il représente un bon feed-back de ce que les patients transplantés vivent et ressentent » se réjouissent-ils.

Pour eux, écrire lorsqu'on est malade est aussi une façon d'objectiviser son rapport à la maladie. Ils soulignent le fait que l'écriture rend une certaine dignité au patient et l'aide à redresser la tête dans un moment difficile de sa vie. « Quand on écrit, on montre qu'il y a une personne et pas seulement une maladie » souligne Christian Baudelot « à notre niveau, à travers cet ouvrage, on se sent surtout utiles pour les autres ».

Pour Olga, « beaucoup de patients-écrivains le deviennent parce que ça les aide à se délivrer de la maladie. Mais certain ont une vocation préalable et pour eux, être malade devient le catalyseur de cette envie. C'est ainsi qu'ils sautent le pas. »


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