Le travail c’est la santé ?

A l’occasion de la journée Mondiale de la sécurité et la santé au travail, une spécialiste de la prévention des risques psychosociaux, Laurence Saunder, PDG d’IFAS (Institut Français d'Action sur le Stress), et membre du CA de Syntec Conseil en Management se pose la question “sur la formation des managers pour mieux comprendre les ressorts psychologiques qui favorisent le bien être au travail “ 

Pour Laurence Saunder: « Le manager qui travaille avec un individu idéalise ce qu’il peut attendre de l’autre sans prendre en compte la complexité de l’individu. Quand un collaborateur a des difficultés, il faut être capable de comprendre en tant que manager les difficultés individuelles de chacun des collaborateurs et après réussir à dépasser l’individuel pour réagir collectivement. » 

Laurence Saunder est PDG d’IFAS (Institut Français d'Action sur le Stress), spécialiste de la prévention des risques psychosociaux et membre du CA de Syntec Conseil en Management. Le Syndicat pour faire avancer cette réflexion formule des propositions concrètes dans l’ouvrage "Compétitivité AAA".

En effet, des consultants en management proposent des mesures à court terme et à plus long terme pour créer un nouveau pacte France-Entreprises qui va au-delà de l’éducation et de la formation.

« Les managers, quand ont-il été formés à gérer des individus, et ce faisant à mieux comprendre les ressorts psychologiques qui favorisent le bien être ?

Les managers sont plutôt formés à du management technique, à des sujets de finance, d’économie, à un certain nombre d’éléments importants mais au fond on s’aperçoit  que toute la partie qui est de gérer de la matière humaine est laissée en jachère ou survolée.

Comprendre comment un individu fonctionne dans sa dimension cognitive et émotionnelle, c'est-à-dire être capable de savoir et appréhender comment dans une situation donnée un individu va réagir, se comporter et ce qu’il va ressentir et donc saisir le mécanisme comportemental voir le mécanisme du stress, qui sont liés, est complètement oublié des cours de management.

Un individu n’est pas seul avec sa pensée, une émotion et un contexte ;  il interagit avec un environnement, ce qui rend toute cette problématique complexe. Le manager qui travaille avec un individu idéalise ce qu’il peut attendre de l’autre sans prendre en compte la complexité de l’individu.

Quand un collaborateur a des difficultés, il faut être capable de comprendre en tant que manager les difficultés individuelles de chacun des collaborateurs et après réussir à dépasser l’individuel pour réagir collectivement. Et c’est là qu’il faut réfléchir à des  sujets plus généraux d’organisation de travail, de condition de travail, de répartition de la charge…

C’est ainsi qu’on glisse vers des aspects plus collectifs. Mais tout cela s’apprend. Il n’est pas question de devenir des psychologues managers, loin de là. Il ne d’agit pas de rentrer dans les arcanes de la psychologie,  mais plutôt de comprendre un certain nombre de choses de la psychologie de l’individu.

Et cette dimension du management est complètement négligée par les grandes écoles lors de la formation des managers ; c’est un vrai manque qui se ressent aujourd’hui dans nos entreprises. La seule solution qui s’offre actuellement aux entreprises est la formation continue de leurs managers.

Les entreprises savent imposer des transformations dont les facteurs d’efficacité se focalisent essentiellement sur les aspects financiers mais peinent davantage à prendre en compte le facteur humain.

Elles ont pourtant un rôle majeur à jouer en incluant d’emblée le coût psychologique et social dans le coût global de la transformation. Cela pourrait peut-être permettre de mieux comprendre les drames survenus dans des entreprises comme France Telecom, Renault et tout récemment la Poste.»